Une flèche dans le soleil : chroniques de Rosebud

Ces suites d'histoires ont ceci d'extraordinaire : elles trouvent
toutes leurs sources dans le monde intemporel des Sioux et pourtant,
par de nombreux aspects, elles se laissent percevoir comme universelles,
proches même de nos préoccupations les plus courantes, les
plus enfouies. Nous avons affaire ici à une écriture, à des histoires
résistantes, nobles, sauvages, libres, comme l'auteur. Elles sont toujours
pertinentes et constructives. Nous ne pouvions en attendre
moins de Joseph Marshall III, Sioux brulé-sicangu. Avec son peuple
des Lakotas, nous sommes dans la réserve de Rosebud, dans le
Dakota du Sud.
Marshall donne ici une série de tranches de vie telles que ses grands-parents
auraient pu nous les dire jadis ; des histoires pour donner des
nouvelles, garder en mémoire les évènements qui façonnent un
monde, celui des Indiens des Plaines. Une Flèche dans le soleil est un
mélange d'essais et de nouvelles basés sur des incidents ayant eu lieu
dans la réserve. Les essais se concentrent sur les expériences mystiques
dans les cultures indiennes d'Amérique, les fermiers indiens, et
la rude vie dans les Hautes Plaines. L'auteur raconte des histoires personnelles
mettant en scène les rapports parfois conflictuels et frustrants,
parfois risibles, entre les tribus et l'administration fédérale. À ces
nouvelles, dont certaines sont partiellement autobiographiques, se
mêlent des éléments issus de la tradition orale lakota.
«Tous ces récits sont dignes d'éloges et vivement recommandables. Leurs
pages ne sont pas encombrées de mots, mais sobres et aérées. Marshall avance
lentement, d'un pas sûr et sans défaillance, vers une harmonie si subtile
qu'il en est presque insaisissable. En nous racontant les légendes et les mythes
des Sioux, il décrit avec révérence la terre et ceux qui y ont vécu. Son but est
de transcrire les histoires de son peuple sous une forme littéraire étrangère à
ceux qui les ont créées. Il parvient à nous les transmettre sans en amoindrir
l'authenticité.»
Extrait de la préface, de Joseph Bruchac (Abenaki)