Pouvoir et édilité : les grands chantiers dans l'Italie communale et seigneuriale

Au coeur de ce livre, se situe la question
des relations du pouvoir à son espace
physique d'exercice. Un prisme a été
retenu, celui des chantiers, de l'édilité
monumentale ou des actions plus ordinaires.
Dans l'espace italien, de Venise à
Orvieto, de Milan à Florence, suivant les
nécessités d'une chronologie qui couvre
la période des XIII<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècles, entre
l'âge de la commune et l'ère de l'État
princier, les grands travaux sont donc
auscultés. Ainsi sont mis en valeur des
temps forts, quand, avec l'affirmation du
pouvoir communal et surtout des régimes
populaires, les interventions changent
de nature et d'envergure. Ainsi sont
marquées des ruptures mais aussi des
continuités quand s'effectue le passage
de l'urbanisme communal à l'urbanisme
seigneurial, puis princier. Échelles de
temps donc et échelles d'espaces tout
autant : la dialectique de la ville et du territoire
est toujours présente. Une histoire
des structures matérielles s'écrit :
morphologie de la ville, grands travaux
et maîtrise du territoire, savoirs et matériaux
de construction, bois, pierres et
charrois. Mais est écrite encore une
histoire sociale puisque des acteurs multiples
sont pris en compte et que la force
des usages sociaux n'est jamais oubliée.
Comme est écrite enfin une histoire
du pouvoir, de ses agents et de ses
programmes, une histoire politique de
l'espace.