Bilan philologique de l'Esquisse d'une théorie de la pratique de Pierre Bourdieu : étude comparée des éditions de 1972 et de 2000

En rééditant l' Esquisse d'une théorie de la pratique , Bourdieu nous
apprend, d'une part, qu'un travail scientifique n'est jamais achevé,
qu'il répond aux préoccupations épistémologiques du moment et
doit nécessairement subir le feu des critiques venant des pairs, et,
d'autre part, qu'un tel travail doit aussi prendre en compte les
nécessaires évolutions scientifiques intervenant dans le champ
disciplinaire concerné. C'est dire que la science n'est pas figée, qu'elle
est un mouvement permanent entre les anciennes et les nouvelles
théories, entre les anciens et les nouveaux paradigmes, une lutte de
positionnement entre les différents professionnels d'une discipline
concernée. C'est le cas en sociologie, où Bourdieu a dû faire
face aux critiques de ses pairs et où lui-même devait critiquer les
ethnométhodologues pour faire prévaloir sa méthode scientifique
fondée sur la praxéologie. En épistémologie, il convient donc de
soutenir la logique du «brouillon», qui pousse le chercheur à
prendre en compte son environnement afin de capter les nouvelles
orientations dues aux nouvelles découvertes.