Vierge ascendant désordres

J'ouvris légèrement la porte. Malgré la pénombre, je distinguais
son regard éclairé par la lueur d'une bougie. Ses yeux rougis et
crevassés étaient la preuve qu'il avait dû pleurer plusieurs
heures d'affilée. Doucement, il fit coulisser le tiroir de son
bureau vers lui et s'empara d'un coffret guère plus grand
qu'une boîte à stylo. Il l'ouvrit et découvrit une belle arme à
feu reluisante brillant dans l'obscurité de la pièce. Il la saisit et
tendrement la colla contre sa tempe. Il n'était pas doué pour le
tir, mais à cette distance, comment louper sa cible ? À moins
que la Mort ne vienne l'aider. Ses mains tremblantes
semblaient hésiter. Oui, la Mort devait lui venir en aide. Le
coup de feu retentit bruyamment dans la pièce, brisant la glace
du silence. À cet instant, je refermai la porte et pressai fort
mes mains contre mes oreilles en me repliant sur moi-même.
Ça y est. C'était fini. Des larmes se répandirent alors sur mes
joues trop pâles. La Mort l'avait appelé à son tour. Ma mère
pouvait s'estimer heureuse. J'entendis son rire résonner au
loin.