Bien aimer sa maman : essai

Dans « Bien aimer sa maman », Bernard Charbonneau s'en
prend à la Société où il vit, celle du XX<sup>e</sup> siècle, âge classique
des guerres et de la politique, du Développement techno-scientifique,
de la Culture, de la mode. La Grande Mère est
féconde en événements (la guerre totale, mai 68, la chute du
mur, etc.) comme en structures à la fois changeantes et
indestructibles : l'État, l'Économie, la Science, la Culture...
Sous tous les déguisements de maman, le lecteur de « l'État »,
de « Je fus » et du « Jardin de Babylone » retrouvera les thèmes
familiers de Bernard Charbonneau. Sans doute avait-il besoin,
après tant de gravité et de tragique, de rire et de faire rire de
la Puissance invisible et omniprésente, de même que
Nabokov, hanté par la haine du tyran qu'il rêve d'exterminer,
s'aperçoit qu'il n'y a qu'un moyen : le tuer en soi par le rire.
Le roi est nu...
Henriette Charbonneau