Guerre et vodka

Serguei Tutunnik s'inscrit dans une longue et glorieuse lignée d'écrivains
combattants qui, de Léon Tolstoï à Vassili Grossman, placent l'homme
en arme au coeur de la littérature.
Depuis l'Afghanistan, Tutunnik n'a connu que la guerre.
Correspondant puis rédacteur en chef du journal où Isaac
Babel a fait ses débuts, basé à Rostov-sur-le-Don, aux portes
du Caucase, il couvre les conflits interethniques qui ensanglantent
la région et dont les deux guerres de Tchétchénie
sont l'apothéose.
Ses personnages agissent souvent sans saisir la tragique
complexité d'événements qui les dépassent mais les façonnent.
Homme libre, Serguei Tutunnik sait qu'un ennemi peut
être respectable, que l'on peut tuer et mourir sans haine.
Comme chez ses illustres prédécesseurs, ses héros vivent la
guerre au plus profond d'eux-mêmes. Ils la mangent, la
boivent, la transpirent, la vomissent ; ils aiment sous les
bombes, rêvent sous le ciel étoilé de balles traçantes. Mais
la littérature qui jaillit de sa plume en treillis est porteuse
d'un espoir éternel de paix et d'amour.