Le lapin angora : l'or blanc angevin du XXe siècle, richesse de nombreuses régions françaises : documents et témoignages

Des origines du lapin à ses diverses caractéristiques, de l'élevage de
l'angora à l'amélioration de sa race, plusieurs années d'enquête ont été
nécessaires à Raphaèle Perego pour développer cet important volet de
l'économie du XX<sup>e</sup> siècle particulièrement florissante en Anjou.
Certains témoignages sont attendrissants, comme celui de
l'éleveuse qui confectionnait des petits manteaux pour ses lapins,
afin de leur éviter un coup de froid après l'épilage... D'autres sont
un peu plus rusés, comme ce courtier qui, dans certains foyers,
établissait deux factures : «une officielle pour le mari, et la facture
réelle, plus élevée, pour la femme, qui mettait la différence dans
sa poche»...
Les anecdotes sont multiples et donnent vie à ce passé. Citons celle
du curé de Milly, l'abbé René Truffeau, qui avait aussi été atteint par
cette fièvre : dans les années 1960, apparemment plus préoccupé par
l'élevage des lapins angoras que par le salut de ses ouailles, il
avait déménagé la chaire de son église pour y entreposer de
l'avoine pour ses lapins !
Avec ce travail de mémoire, Raphaèle Perego a souhaité transmettre
un vécu, une époque.