François Mitterrand : le dernier des Capétiens

En octobre 1966, le général De Gaulle déclarait au comte de
Paris : «On peut, peut-être, faire une autre monarchie. Une monarchie
sans le nom. C'est la chance à courir.»
François Mitterrand, dont les liens avec le «Prince Rouge»
remontaient à 1939, semble avoir fait sienne cette idée et, bien qu'il
n'envisageât pas un seul instant la remise en cause des institutions
républicaines, c'est sans doute le terme de «monarchie sans le
nom» qui décrit le mieux la période de ses deux septennats.
Monarchie sans le nom, mais monarchie tout de même, et bien
au-delà de ce qu'envisageait le comte de Paris qui, lors de la seconde
cohabitation, reprochait amicalement au président de ne pas se comporter
«comme un roi constitutionnel, à savoir être absolument neutre».
Que ce régime ait été instauré par un homme faisant corps avec
l'histoire millénaire de la Nation n'a rien pour surprendre puisque cet
homme-là était convaincu d'incarner la permanence de l'Etat à travers
les siècles et que son amour charnel pour le pays expliquait son
indulgence pour une monarchie capable de bâtir cette merveille
d'équilibre et de beauté qui s'appelle la France.
Mais comment expliquer que le «chef du peuple de gauche» ait
adopté avec une telle aisance le comportement d'un roi de la
troisième race ? Le mystère, ici, reste entier.
Mitterrand le Mystique a-t-il acquis la conviction, au cours de ses
visites à l'abbaye de Saint-Denis, que le Roi, en effet, ne meurt pas
en France ? Ou lui a-t-on révélé, dans la pénombre des tombeaux,
que l'histoire de France s'achevait et qu'il serait le dernier de la
lignée ?
Questions sans réponse mais qui interpellent les derniers patriotes.
Derniers patriotes communiant dans la mémoire d'un président de
la République qu'un prince de France, abdiquant la primauté de sa
race en faveur du plus aristocratique des représentants du peuple,
considérait comme le «dernier des Capétiens».