Le pornographe et le gourou

Quelle cécité !
La pornographie, pensait à présent Valentin, c'est la léthargie, l'abrutissement,
le silence, l'obéissance.
Le porno, comme la drogue, l'alcool, la prostitution, est une camisole qui
garantit l'ordre social et un jour viendra, se disait-il, où la consommation
de X sera obligatoire.
«T'es-tu vidangé les testicules aujourd'hui, citoyen-consommateur ?
- Non ? Alors fais-le tout de suite sinon tu ne recevras pas tes points
de rationnement pour acheter ta bouteille de pastis.»
Valentin est déprimé. Il était devenu réalisateur de porno dans les
années 90 pour lutter contre la peur d'être impuissant et, vingt ans
après ses débuts, plus seul et plus paumé que jamais, il part en Inde
à la recherche d'un gourou...
Cette comédie iconoclaste sur le X et la spiritualité est-elle une
autobiographie de son auteur ? Valentin ressemble étrangement à John
B. Root, mais il est pire que lui. Plus dingue, plus naïf, plus vaniteux...
et son destin est beaucoup plus surprenant.