Morny, 1811-1865

L'existence multiforme de celui qu'on surnomma le «roi» du
Second Empire.
Rien n'est banal dans le destin du duc de Morny, à commencer par
sa naissance en 1811, nimbée de mystère, car il est l'enfant adultérin
d'une reine, Hortense, la belle-fille de Napoléon, et du général de
Flahaut, lui-même fils naturel de Talleyrand.
Dandy, arbitre des élégances, il se lance dans les affaires et vit
fastueusement grâce à la générosité de sa maîtresse, épouse de l'ambassadeur
de Belgique, Fanny Le Hon. Il pousse activement son
demi-frère, Louis-Napoléon, vers le trône, ce qui lui fera dire : «Je
crois pouvoir déclarer que, sans moi, le coup d'Etat n'aurait jamais
eu lieu.»
Nommé ministre de l'Intérieur, président du Corps législatif,
membre du Conseil privé, Morny passe dans l'opinion pour l'éminence
grise du régime. Hors politique, il multiplie les activités :
auteur dramatique, spéculateur, créateur de la plage de Deauville et
de l'hippodrome de Longchamp. Il meurt en 1865, emportant avec
lui les années fastes du Second Empire.