Sur les traces du crime : de la naissance du regard indicial à l'institutionnalisation de la police scientifique et technique en Suisse et en France : l'essor de l'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne

Sur les traces du crime : de la naissance du regard indicial à l'institutionnalisation de la police scientifique et technique en Suisse et en France : l'essor de l'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne

Sur les traces du crime : de la naissance du regard indicial à l'institutionnalisation de la police scientifique et technique en Suisse et en France : l'essor de l'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne
Éditeur: Slatkine
2011686 pagesISBN 9782051022613
Format: ReliéLangue : Français

Où situer l'instant de la genèse de la police scientifique et technique ? Faut-il en faire

remonter l'origine à l'anthropométrie et aux procédures signalétiques inventées à

Paris par A. Bertillon dans les années 1880-1890 ? Doit-on plutôt prendre en compte

l'institutionnalisation académique de la discipline et choisir pour point de départ la

création d'un diplôme universitaire à Lausanne en 1909 ? Ou se tourner vers un filon

plus ancien encore en mettant l'accent sur le rôle des auteurs de romans policiers ou

sur les avancées des médecins légistes en matière de constatation de l'identité ? Et que

dire alors des auteurs médiévaux de traités de chasse qui écrivent des chapitres si

détaillés sur l'analyse des traces du gibier pour aiguiser le regard cynégétique ?

Cette étude prend le parti de ne pas se limiter à une analyse de la phase institutionnelle

de la police scientifique et technique européenne, caractérisée par la création

d'instituts académiques, de chaires, de laboratoires et d'écoles de police. Dans l'optique

panoramique proposée ici, il s'agit de partir bien en amont de ces filières d'enseignements

spécialisés et de ces structures académiques ou policières.

La naissance du regard indicial et de ses évolutions inscrites dans la longue durée

forme le fil rouge de l'ouvrage. Cette enquête débute avec l'étude des traités médiévaux

de chasse où l'on détecte les prémices des techniques d'identification à partir des

traces de pattes. Ainsi, on évite de créditer les hommes de laboratoire du début du

XX<sup>e</sup> siècle de tous les mérites dans la naissance de la criminalistique. Certes, cette discipline

leur doit beaucoup, notamment son ancrage institutionnel, la mise sur pied de

cursus, de manuels, de revues spécialisées, de colloques et de techniques, mais

d'autres acteurs les ont devancés en s'adonnant à des pratiques indiciales dignes d'intérêt.

Il nous a donc paru juste de braquer la lumière de notre projecteur sur leur

contribution en sortant du champ proprement scientifique.

Parmi ces hommes ayant conçu et appliqué des techniques d'identification figurent les

chasseurs d'animaux et de sorcières, les physiognomonistes, les photographes, les chimistes,

les médecins légistes, les littérateurs, les anthropologues, les critiques d'art,

les policiers et les psychologues expérimentaux. Pour éviter que la diversité des

acteurs impliqués dans l'émergence de ce processus indicial ne nous fasse perdre de

vue notre objet d'études, nous avons gardé comme thème unificateur les modalités du

regard porté sur le corps à des fins signalétiques.

Nous achevons notre parcours par une étude de cas consacrée à la fondation de l'Institut

de police scientifique de Lausanne et à son premier directeur, Rodolphe Archibald

Reiss, personnage incontournable de la criminalistique en Europe, tant il donne les

impulsions décisives à l'essor de sa discipline et cumule de casquettes : photographe,

chercheur, professeur, rédacteur, expert, vulgarisateur, organisateur, et bâtisseur.

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