Oeuvres. Vol. 10. Oeuvres théâtrales

Entre 1911 et 1926, Raymond Roussel fit
jouer quatre pièces de théâtre, les deux premières
étant tirées de ses romans. Impressions d'Afrique
(1911) présentait un grand spectacle digne du
Châtelet : s'y succèdent le naufrage d'un paquebot,
le couronnement d'un roi avec festivités indigènes,
d'extravagants numéros de music-hall et
des supplices très compliqués. En 1922, Locus
Solus proposait sur fond d'intrigue policière une
série de tableaux d'une grande violence poétique.
Quant aux deux dernières pièces, L'Étoile au Front
(1924) met en scène une collection de curiosités
hétéroclites et La Poussière de Soleils (1926) une
course au trésor échevelée dans un décor exotique
et coloré.
Les représentations furent l'occasion de mémorables
scandales qui donnèrent à Roussel une
gloire paradoxale : «je fus connu du jour au
lendemain» rappelle-t-il dans Comment j'ai
écrit certains de mes livres. S'il dérouta la plupart
des critiques, le théâtre de Roussel enthousiasma
artistes et poètes de l'avant-garde,
Marcel Duchamp, Francis Picabia, André Breton,
Robert Desnos ou Michel Leiris qui disait
de L'Étoile au Front : «on n'a peut-être jamais
touché d'aussi près les influences mystérieuses
qui régissent la vie des hommes».
Les versions théâtrales d' Impressions d'Afrique
et de Locus Solus sont publiées ici pour la
première fois dans leur intégralité.