Théroigne de Méricourt : une femme mélancolique sous la Révolution

Née paysanne en 1762 dans l'Ardenne belge,
Théroigne est l'une des plus belles figures de la
Révolution : demi-mondaine entretenue par un
marquis jaloux à la veille de l'ouverture des états
généraux, elle se construit, à la faveur du combat
pour la liberté, une identité nouvelle, ouvre un
salon à Paris et fonde une société patriotique.
La presse royaliste fait d'elle alors une libertine
sadienne, que l'on accuse d'espionnage. En 1792,
au sommet de sa gloire, elle réclame la levée de
«bataillons d'amazones» pour combattre les
monarchies aux frontières. En pleine Terreur,
le délire s'empare d'elle : la folie la sauvera de
la guillotine. Internée jusqu'à sa mort en 1817,
elle deviendra pour la médecine un grand cas
de mélancolie, tandis que Baudelaire, Michelet et
plus tard Sarah Bernhardt chanteront sa légende.
Cette première grande biographie critique de
l'une des pionnières du féminisme, fondée
sur des sources inédites, fut l'un des succès
des commémorations du Bicentenaire de
la Révolution française.