Sens et limites de la comparaison des taux de prélèvements obligatoires entre pays développés

La notion de prélèvements obligatoires et le taux qui lui correspond
(rapport des prélèvements obligatoires au produit intérieur brut) sont
d'un usage si fréquent qu'on précise rarement ce qu'ils signifient et les
évolutions qu'ils traduisent.
Ce taux est très différent d'un pays développé à l'autre. Il varie d'un peu
plus de 50 % en Suède, contre de l'ordre de 25 % aux Etats-Unis, avec
entre ces deux extrêmes, la France (43 %), l'Allemagne et le Royaume-Uni
(de l'ordre de 35 %). Une tendance à l'augmentation sur une très
longue période du taux de prélèvements obligatoires apparaît commune
à l'ensemble des pays de l'OCDE.
Les prélèvements obligatoires ne peuvent se comparer d'un pays à un
autre sans prendre en considération la place des services publics et
des transferts sociaux dans l'économie du pays.
La typologie des dépenses, présentée dans le rapport, permet d'éclairer
les choix que retient chaque société dans sa façon de financer les
dépenses de santé et de protection sociale. Ces choix expliquent non
seulement la très grande majorité de l'écart entre les taux, mais ont
des répercussions profondes sur la société et sur les systèmes ainsi
financés.
Le Conseil des prélèvements obligatoires n'entend ni défendre, ni
critiquer l'ampleur des prélèvements obligatoires, mais souhaite
apporter sa contribution à l'approche de ce sujet en éclairant les raisons
pour lesquelles les taux de prélèvements obligatoires sont si différents
entre pays, et ne sont pas immédiatement comparables. C'est l'objet
de ce rapport.