Mines et déminage : les sentiers de Satan

Les mines : armes des faibles ou armes
des lâches ? Le débat reste entier et le
sujet méritait bien que Pierre Dufour,
spécialiste d'histoire militaire, y consacre
un ouvrage. Face à la mobilisation
internationale, il semblerait que la raison
l'ait enfin emporté depuis la Convention
d'Ottawa en 1997 et l'interdiction de
produire et d'employer des mines anti-personnel.
Seules les mines antichars
sont encore tolérées. De grands pays
comme les États-Unis, la Chine, la Russie
et quelques autres ont refusé de signer
ce texte au nom de leur sécurité. Mais
les mines n'ont jamais empêché la
progression d'une armée déterminée.
Elles ont pu tout au plus la retarder.
Largement présentes dans les conflits
internationaux (Vietnam, Cambodge,
Afghanistan) aussi bien qu'internes
(Liban, Balkans) de la deuxième partie
du XX<sup>e</sup> siècle, les mines constituent
aujourd'hui encore une menace permanente
et odieuse pour la population
civile. Les engins non explosés,
et en particulier les sous-munitions,
continuent à faire des ravages dans le
monde entier (Liban, bande de Gaza,
Irak) après la cessation des hostilités.
À cette menace silencieuse, il faut
maintenant ajouter, en particulier en
Afghanistan, les engins explosifs
improvisés (EEI), en clair la bombe des
anarchistes de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle
remise au goût du jour par les terroristes.
Dans cet album sans concession,
après un bref rappel historique, Pierre
Dufour dresse un état des lieux,
n'hésitant pas à provoquer l'indignation
du lecteur par le choc des témoignages
et des images. Grâce à ses admirables
unités du génie, qui font référence
dans le monde entier, et à ses ONG,
la France s'est délibérément investie
dans ce combat contre l'horreur.