L'usage de l'Inde dans les littératures française et européenne : XVIIIe-XXe siècles

Du milieu du XVIII<sup>e</sup> siècle à la fin du XX<sup>e</sup> siècle, l'Inde
a exercé une fascination durable sur des écrivains
anglais et français, mais aussi sur d'autres venus
d'Allemagne, d'Italie, de Hollande, de Belgique, de
Suisse, etc. Les actes de ce colloque, qui s'est tenu à l'École
Normale Supérieure Lettres & Sciences humaines de Lyon, du
2 au 4 juin 2005, proposent pour la première fois une approche
comparatiste qui tire parti de l'apport de chercheurs et
d'universitaires venus d'horizons variés : de France, d'Europe
mais aussi d'Inde.
Sans nier l'impact de l'impérialisme occidental sur les
représentations de l'Inde à l'époque coloniale et postcoloniale,
celles-ci ne sont pas toutes le reflet (ou le refoulement
coupable) d'une situation de domination de l'Occident sur
l'Orient. Prétexte à une mise en cause de la chronologie
biblique par les philosophes des Lumières, source de rêverie et
d'inspiration pour un certain nombre d'écrivains du XIX<sup>e</sup>
siècle, mais aussi au XX<sup>e</sup> siècle, réservoir des sagesses
ancestrales qui combleraient le désert occidental de la foi ou qui
ferait éclater le cercle trop étroit d'une raison matérialiste, -
l'Inde fait l'objet, à chaque fois, d'un usage spécifique.
C'est donc un objet multiple qu'on a cherché à éclairer, en
tenant compte à la fois de l'historicité des différentes
représentations de l'Inde, d'éventuelles particularités
nationales, des spécificités de l'orientalisme indien dans le
cadre du «discours orientaliste», mais aussi d'écrivains
contemporains qui, précisément en raison de leur biculturalité,
mettent en échec une appréhension strictement nationale de la
littérature et conservent à l'Inde - heureusement - sa part de
mystère.