Le cahier de Sophie

Je vois déjà des doigts accusateurs
qui se dressent pour me montrer la
paillette dans l'oeil du voisin, alors
que nous avons nous-mêmes une
charpente dans nos propres yeux.
Constant Malva.
Sophie. Le quatrième cahier de la Collection.
Si les premiers témoins mettaient leur prénom en
lumière, Marie-Claire, Alain, Monique, il en va autrement
pour Sophie qui porte au quotidien un autre prénom.
Sophie, nom de guerre, pseudonyme, prénom choisi
pour la rue et le trottoir. Mais la parole demeure vraie,
sincère et juste. Et ici encore l'écriture est solidaire. Une
écriture qu'il a fallu tenter de rendre délicate, comme est
délicat le regard de Sophie sur le monde qui l'entoure, et
sur la communauté des filles.
Les filles, celles d'avant, elle ne les a pas quittées, elles
sont en elle. Celles d'aujourd'hui, Sophie les accompagne
au quotidien. Quotidien du jour et de la nuit. Elle parcourt
Paris dans un bus refuge, un bus coup de main, un bus
présence. Elle travaille pour l'Association des Amis du Bus
des Femmes (Paris 11°).
Témoignage différent des parcours ouvriers des précédents
cahiers, celui de Sophie appartient aussi à cette
grande bibliothèque des voix qui montent.