Orphée négro

Orphée négro
« Orphée porte son éternel manteau kaki, qui tombe dans ses pieds. Et ses lunettes noires voilent légèrement son visage. Il raffole de cette posture clandestine où, discrètement, il arrive dans des villes, sans se faire remarquer, observant incognito les rues, les édifices, les hommes, les moeurs, les arbres et les fleuves silencieux, souvent des chambres d'hôtel, du sommet des places panoramiques, en circulant dans un taxi, ou en marchant dans les quartiers populaires à des heures perdues. Orphée, est un passant clandestin allant sur les traces d'un pays lointain, vieux de plusieurs millénaires. Mais cette terre montre des images diffuses. En foulant son sol après plusieurs années, Orphée a senti l'odeur de son berceau et entendu la complainte de ses arbres anciens devenus solitaires et faméliques. Ayant dans l'esprit le Voyage en orient , il a murmuré les vers de Nerval... »
« D'autres oiseaux survolent l'aéroport à tire-d'aile en piaffant, par files asymétriques. On aurait dit qu'ils connaissaient les horaires des atterrissages. Volant au loin, d'autres encore vont en direction des okoumés géants, comme plongeant dans l'ivresse de leur fuite et dans une splendide transhumance. Tout laisse penser qu'ils vont écoutant Les Ruines d'Athènes de Kotzebue à partir de quoi Beethoven a composé la musique de Sion. »
Poursuivant le cycle d'une trilogie, dont le titre générique est Les Carnets noirs de l'Atlantide , Grégoire Biyogo explore avec plus de grâce la prose poétique du voyage, dans un univers somptueux. Après Homo Viator, Orphée négro est son second roman, un texte bouleversant, cocasse et plein d'autodérision. Philosophe et écrivain, l'auteur vit à Paris.