Picasso et le cheval : 1881-1973

On croyait tout savoir de
Picasso. Son oeuvre a été si souvent
décrit, publié, analysé qu'on pensait en
avoir fait le tour. Pourtant, non ! Aussi
connue soit-elle, sa faramineuse production
réserve encore des surprises.
Celle que nous offre le présent
ouvrage est de taille. Jusque-là,
on associait volontiers Picasso au toro,
au minotaure, et autres avatars taurins
ou tauromachiques - sans prendre
conscience qu'un autre animal occupait
dans l'imaginaire du maître une place
primordiale : le cheval.
Chez Picasso, le cheval est
omniprésent. Il traverse son oeuvre de
part en part : un de ses premiers
tableaux, peint à l'âge de huit ans,
représente un homme à cheval - et un
de ses derniers dessins une sorte de
pégase, un cheval ailé.
Ces deux oeuvres figurent,
naturellement dans le présent ouvrage,
parmi une centaine d'autres - dont certaines
sont reproduites ici pour la première
fois.
Pour mettre en évidence
cette réalité - qui avait échappé aussi
bien aux connaisseurs de Picasso
qu'aux amateurs de chevaux - nous
avons fait appel à Dominique Dupuis-Labbé,
professeur à l'École du Louvre et
conservateur au musée Picasso de
Paris : une des meilleures spécialistes de
l'artiste le plus prodigieux du XX<sup>e</sup> siècle.
Commissaire de nombreuses
rétrospectives Picasso (à Taïpei, à Tokyo,
à Rio et à Paris), elle avait déjà révélé un
aspect peu connu de l'oeuvre picassien
en organisant, en 2001, une retentissante
exposition : Picasso érotique (Galerie
nationale du Jeu de Paume).
Après avoir revisité, avec la
complicité et l'aide des héritiers du
maître, la quasi-totalité de sa production,
Dominique Dupuis-Labbé conclut :
«Picasso nous présente des images,
variées à l'infini, de l'animal qui combine,
au sein de son oeuvre, la symbolique
mâle et femelle, le solaire et les
ténèbres, le jeu et le drame, le désir et
la sagesse. Ce faisant, il nous parle également
de son amour pour le compagnon
immémorial de l'homme - dont
il fit aussi le double de la femme.»
Jean-Louis Gouraud