Cobra, passages : collection Thomas Neirynck

De 1948 à 1951, CoBrA - acronyme de Copenhague, Bruxelles,
Amsterdam - rassemble des poètes et des peintres issus de
cercles d'avant-garde danois, belges et néerlandais. Cette convergence
est un moment fort dans l'histoire de l'art moderne
en Europe. Cobra évolue parallèlement à l'abstraction lyrique
pour témoigner de la vitalité de la peinture dans l'Europe de
l'immédiat après-guerre. Il constitue le pendant européen de
l'Action Painting qui se développe à New York au même moment.
Si son histoire est aujourd'hui connue et reconnue,
Cobra n'a cependant pas encore la place qu'il mérite au sein des
multiples courants picturaux de l'après-guerre.
Les oeuvres rassemblées par Thomas Neirynck constituent à cet
égard une collection de première force. Cet ensemble permet,
en effet, de saisir la diversité, la complexité des voies que la peinture
emprunte en Belgique, mais aussi en France, au sortir de
la Seconde Guerre mondiale. Collectionner est un acte parfois
difficile, mais toujours significatif. Pour faire ses choix, Thomas
Neirynck ne s'en remet pas à l'histoire établie, il privilégie l'élégance
du coeur et la subtilité du regard. Il traque les liens souterrains
qui unissent les oeuvres. En collectionnant, Thomas
Neirynck a élaboré un récit, celui de la picturalité.
Ce récit est celui d'une peinture pleinement consciente de ses
propres moyens. La matière est célébrée pour elle-même. Lyrique,
le geste fait résonner ce qui prend corps à fleur de toile. La
forme affirme son autonomie. Les couleurs s'embrasent. La ligne
se libère de l'objet pour se transformer en signe calligraphique.
Ces éléments tissent la trame du présent ouvrage. Ils révèlent à
quel point Cobra a emprunté et ouvert de nombreux passages
qui conduisent ailleurs et au-delà des trois années d'existence
du groupe. Ailleurs. Et bien au-delà.