Intacte : Marie-Thérèse Orain chante Jacques Debronckart et Léo Ferré, Christine Fontane...

Ah ! les vieilles, c'est plus c'que
c'était ! Y en a une, là, qui vient de
me retourner une claque monumentale.
Une baffe, une vraie !
Marie-Thérèse Orain, qu'elle
s'appelle ! En un aller-retour, de
chansons étourdissantes et de
piano à l'unisson, j'étais presque
K.-O. debout.
J'ai vu trente-six chandelles, j'vous jure, faut s'méfier
des p'tites femmes ! De toutes les p'tites femmes
convoquées dans les chansons de son répertoire : on
dirait des victimes et pan ! dans la gueule du macho,
du harceleur, du dragueur de p'tite soeur. Mais aussi
boum ! dans le foie des conventions, des préjugés et de
la mollesse intellectuelle !
Bon, elle n'était pas toute seule, y avait des auteurs
aussi dans la bagarre, un surtout, un certain Jacques
Debronckart, un teigneux élégant bien connu des
services de censure, du temps de Pompidou !
Et puis, la mornifle fut administrée avec la classe
nonchalante des vraies Parisiennes, le music-hall dans
le sang, le sentiment à fleur de peau, et l'humour au
coin des lèvres : qu'est-ce que j'ai dégusté !
Mais je l'avoue, je dois être un peu maso, j'en redemande !
j'ai trouvé ça bon, de me prendre cette beigne !
Parce que là c'est l'intelligence qui dresse le poing !
Juliette