Mystère de communion : une seule Eglise, universelle et locale : l'ecclésiologie de communion de Jean-Marie Roger Tillard

L'ecclésiologie de communion est incontournable dans un traité d'ecclésiologie qui se respecte. Elle est d'actualité dans les débats théologiques, ad intra et ad extra , de l'Église sur l'Église. À l'heure de la mondialisation, du pluralisme théologique, de l'accroissement et du réaménagement des jeunes
Églises locales, autrefois Églises évangélisées, l'ecclésiologie de communion
est une source fondamentale pour l'unité de l'Église de Dieu.
Fort de sa participation au Concile Vatican II, en qualité d'expert et de
conseiller théologique de l'épiscopat canadien, de son engagement passionné
et perspicace dans le mouvement oecuménique, le dominicain Jean-Marie
Roger Tillard (1927-2000) a donné une contribution considérable à la théologie, à travers son ecclésiologie de communion. Il est, en l'Église catholique,
l'un des plus grands pionniers et chantres de l'ecclésiologie de communion au
lendemain du Concile Vatican II. La perception tillardienne du rapport entre
l'Église universelle et l'Église locale passe par sa célèbre formule : « L'Église
de Dieu est communion d'Églises locales ». L'ecclésiologie tillardienne offre
une florissante et innovante pensée théologique à l'ecclésiologie contemporaine. En partant de l'Église locale, le théologien dominicain a su nous présenter le mystère de l'Église. Il a lu, sans tricher, le mystère de communion et
de catholicité dans l'Église locale. Il a su, en même temps, préserver l'unité
de l'Église. Avec Tillard, il est clair que « l'Église fait l'Eucharistie et l'Eucharistie fait l'Église » en tout temps et en tout lieu. L'eucharistie est le sacrement de communion-unité du Corps ecclésial. La formule tillardienne « l'Église de Dieu comme communion d'Églises locales » trouve ici son sens théologique. Elle n'est pas un slogan enchanteur. Elle est, au contraire, une formule « théo-logique » qui dit l'Église communion, « l'Église telle que Dieu
veut ». Toutes les réalités structurelles dans l'Église concourent à la koinônia .
Au fait, aussi bien les ministères, diakonia de la communion du Corps ecclésial, la synodalité, « liturgie » et « épiphanie » de la communion ecclésiale, la
collégialité épiscopale, diakonia de l'unité de l'Église, que la papauté, diakonia par excellence de la communion et de l'unité de l'Église, sont pour Tillard
des éléments essentiels de la synergie du dynamisme communionnel.
Notre recherche se veut, non seulement, une synthèse théologique mettant en
exergue l'articulation et la pertinence de la pensée ecclésiologique tillardienne, mais aussi, une tentative d'approfondissement de la relation entre l'Église
universelle et l'Église locale, l'Église ancrée dans la « terre chamelle ».