Une ville et son droit : Avignon du début du XIIe siècle à 1251

Du début du XII<sup>e</sup> siècle à 1251, la cité d'Avignon jouit d'une large
autonomie que reflète une riche documentation jusque là peu utilisée.
Son exploitation systématique révèle une expérience municipale
originale, avant tout caractérisée par l'importance du droit. Fondement
sur lequel repose l'édifice institutionnel avignonnais et construction du
patriciat urbain, il est le moyen pour ses membres de se maintenir au
pouvoir. Pouvoirs et droit ont tissé, dans la future cité des papes, des
liens si étroits qu'ils sont devenus le coeur de cette thèse et lui donnent
tout son sens.
Moyenne par sa taille et son influence sur la région qui l'entoure,
Avignon est pourtant comparable aux plus puissantes communes italiennes.
Son organisation institutionnelle est inspirée des leurs. L'atteste
en particulier le recours occasionnel au «podestariat». Son droit, coulé
au moule d'une romanité revue à l'aune du pouvoir normatif autonome
de ses magistrats est souvent le fidèle reflet des normes en vigueur dans
les cités de la péninsule. Sa gestion du territoire environnant s'apparente
à celle du contado des communes de l'autre côté des Alpes.
Jouissant enfin de la plupart des attributs de la souveraineté, Avignon
peut être rapprochée des grandes républiques urbaines de l'époque.
La cité doit cette puissance à un patriciat dynamique qui a su donner
une place de choix aux juristes. Souvent fils des principales familles de
la ville, ils jouissent d'un grand prestige dans la cité et constituent la
pièce maîtresse de son gouvernement dont ils sont l'âme.