Ethnologie française, n° 2 (2015). Israël au quotidien

Depuis la formation de l'État d'Israël, les migrants juifs n'ont
cessé d'affluer par vagues successives en provenance de presque
toutes les parties du monde, apportant avec eux une variété de
cultures et d'identités forgées par un millénaire de diaspora.
Parallèlement, les Arabes originaires de cette terre - musulmans,
chrétiens, druzes, circassiens, ou bédouins - sont devenus citoyens
de ce nouveau pays reconnu par l'ONU en 1947 comme le foyer
du peuple juif.
Ainsi s'est constituée une société unique en son genre, incarnée
dans ses deux grandes villes qui ne peuvent être plus opposées :
à soixante kilomètres de Jérusalem, capitale du pays, ville religieuse,
conservatrice et intolérante, Tel Aviv, «la première ville
hébreu» est devenue la destination des jeunes désireux de faire
la fête.
Centré sur l'étude du quotidien , ce numéro d' Ethnologie française
s'inscrit dans le renouvellement des perspectives anthropologiques
qui explorent la société israélienne à travers trois
sujets-clés : les questions existentielles d'(in)sécurité et de contestation
des frontières, les significations et les motivations liées à
l'alimentation et à la santé, et les ramifications actuelles de l'immigration
et de l'ethnicité. Chacun de ces essais traite empiriquement
et analytiquement du «paradoxe israélien», mot-parapluie
recouvrant les différentes énigmes et contradictions de la vie
normale en Israël, qui n'a décidément rien de normal.