L'attente : comédie

Bien qu'intemporelle, cette pièce m'a été inspirée
de souvenirs de jeunesse. J'imagine, dans un
Liban tout aussi intemporel, l'une de ces maisons
du sud, blanche et vaste, avec ses colonnes, ses
sols de marbre blanc et noir, de grandes pièces et
des parfums d'encens.
Les femmes que j'y ai connues m'ont toujours
paru vivre dans l'espérance d'une socratique
fusion originelle. Elles possèdent, bien plus que
les hommes, ce sens profond de la perfection à
deux, si difficile à atteindre. Ces femmes la
recherchent de toute leur âme, utilisant leur corps,
mettant en avant leurs appâts, convaincues à
raison que seule une belle vitrine pourra attirer
l'homme tant désiré.
Une fois le décor posé, il ne demeure que
l'attente, non seulement pour Sonia, l'Aînée, et
Maïa, la Cadette, mais également pour Nada,
la Petite, et, encore et toujours,
la Mère.