Matière première, n° 2. Emergence et réductions

Matière première, n° 2. Emergence et réductions

Matière première, n° 2. Emergence et réductions
Éditeur: Syllepse
2007343 pagesISBN 9782849501252
Format: BrochéLangue : Français

Au-delà des particules élémentaires, les «choses» qui constituent

les objets de la science, depuis les molécules jusqu'aux entités les plus

organisées - et les plus éloignées, peut-être en apparence, d'une

caractérisation physicaliste -, sont-elles susceptibles, en principe sinon

de fait , de se voir réduites aux propriétés des entités minimales : les particules

et les forces fondamentales ? Ou bien, faut-il admettre que les

niveaux d'organisation sont irréductibles à ces entités ultimes du

monde, et donc que les transitions de l'inanimé au vivant, et du vivant

au conscient, sont, en principe, inconnaissables ? Ainsi se résument le

réductionnisme et l'émergentisme. Si l'émergentisme a connu un regain

d'intérêt dans les années 1980, notamment avec une classe de doctrines

épistémologiques appelée «matérialisme non réductionniste», le

réductionnisme est encore trop souvent perçu avec suspicion. La réduction

n'étant pas nécessairement l'élimination, il est un réductionnisme

concevable qui n'a certainement pas pour vocation de dénier existence,

autonomie et efficience aux multiples sciences, mais bien plutôt de les

rendre compréhensibles au sein d'un principe d'unité du savoir. Un dossier

de huit contributions (François Athané, Sophie Bary, Mario Bunge,

Édouard Guinet, Thomas Heams, Max Kistler, Bertrand Laforge,

François Pépin, Marc Silberstein) éclaire ces questions, principalement

pour ce qui concerne la biologie et la psychologie.

Par ailleurs, Matière première propose pour la première fois en français

une version intégrale de La Philosophie de Bergson , texte dans

lequel Bertrand Russell, dès 1912 , avertissait sur le bergsonisme et le

rangeait sous le registre des philosophies antiphilosophiques, de celles

qui se précipitent dans la béatitude de l'intuition, dans l'éviction du raisonnement

fiable au profit de fatales amphibologies. En guise de

préambule, Jean-Marc Del Percio insiste sur les conséquences idéologiques

et politiques du succès du bergsonisme.

Enfin, on trouvera ici une étude de Pascal Tassy sur Teilhard de

Chardin, subordonnant son travail de scientifique à sa quête

théologique ; démarche dans laquelle on peut voir la préfiguration du

mouvement actuel de l' Intelligent Design. Puis, un article de Cédric

Mulet-Marquis sur le relativisme et le mépris postmoderne de la science,

tels qu'ils se lisent chez Isabelle Stengers.

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