La camera obscura : philosophie d'un appareil

La Camera obscura . Philosophie d'un appareil
Cette thèse porte sur la camera obscura en tant qu' appareil , un appareil se différenciant d'un simple dispositif par le caractère à la fois technique et poïétique . Dans cette optique, il nous importe moins de nous pencher sur la camera obscura en tant qu'outil pour savants ou artistes, que de réfléchir à la façon dont elle dépasse largement ce rôle, en structurant la pensée et la pratique. On pourra alors la considérer comme un appareil à part entière, au même titre que la perspective, le musée, la photographie ou le cinéma... Nous avons essayé de le démontrer en insistant plus particulièrement sur le rapport perspective / camera obscura , cette dernière semblant en effet paradigmatique d'une vision différente, non réductible à la perspective linéaire, qui transparaît dans l'art hollandais du XVII<sup>e</sup> siècle puis dans la peinture romantique allemande du XIX<sup>e</sup>. Si la camera obscura a été utilisée dès le Moyen-Age par les astronomes arabes, elle ne devient un appareil qu'au XVII<sup>e</sup>, car elle génère alors de l'art, des significations, de la pensée... en particulier avec Kepler et Vermeer. Mais l'art hollandais a été longtemps ignoré ou étudié selon les critères de l'art italien, qui privilégie le dessin. C'est pourquoi il nous a paru nécessaire de faire sortir de l'ombre cette « oubliée de l'histoire » qu'est la camera obscura et avec elle, la couleur, la lumière, l'imaginaire... Quel est le monde de la camera obscura , comment pose-t-elle le problème de l'articulation entre réel et représentation ? Quelle pensée et quel sujet génère-t-elle, quels concepts implique-t-elle ? Nous avons tenté ici de déterminer la spatialité et la temporalité de cette entité technique et poïétique, et plus généralement de comprendre sa philosophie.