L'esprit de la vallée, Pierre Rouanne : fichier de l'élève

T'es-tu inspiré de faits divers réels pour écrire
cette histoire ?
Les problèmes d'écologie, d'urbanisation,
font partie de notre monde. J'y suis très sensible.
Dans ma région, on construit plusieurs autoroutes
et cela a soulevé bien des débats.
La question n'est pas simple et j'ai pu m'inspirer
de faits divers réels, anciens ou récents,
parfois tragiques.
Mais la totalité de l'histoire est inventée.
Quand tu prends l'autoroute, penses-tu
aux gens qui habitent (qui habitaient)
à proximité ?
Je pense souvent aux gens qui habitaient sur
le trajet de l'autoroute.
Mais je pense aussi aux animaux, aux rivières,
aux arbres...
Et je n'oublie pas ceux qui continuent à y vivre.
Je ne suis pas un passionné d'automobile et je
prends peu l'autoroute.
Cela dit, pour être honnête, j'apprécie d'être
à 2 heures seulement de la mer et de la montagne.
Est-ce que tu crois qu'on peut vraiment
arrêter la construction d'une autoroute ?
Non. En tout cas pas aujourd'hui. Trop d'intérêts
sont en jeu : beaucoup de gens, d'entreprises,
ont besoin de voies de communication efficaces.
Dans mon roman, le village meurt parce qu'il est
coupé du monde.
Pourtant, je crois qu'il faut se mobiliser pour que
les travaux fassent le moins de dégâts possible.
Aurais-tu aimé vivre les aventures qu'a vécues
Paul ?
Pour finir seul et monstrueux ? Surtout pas !
De quel personnage es-tu le plus proche ?
Il y a forcément de moi dans tous les personnages,
mélangé avec des traits de caractère
d'autres personnes que je connais.
Je suis certainement plus proche
du grand-père, même si je n'en ai pas l'âge.
Moi aussi, je vis à la campagne, mais sans
me couper du monde.
Est-ce que tu as retrouvé «tes» personnages
dans les illustrations de Lalou ?
Pas vraiment, d'autant que je les avais moi-même
dessinés à ma façon. Je voyais Paul plus rond,
Élie et John plus maigres, le grand-père moins
vieux.
Mais ça ne me gêne pas du tout : c'est au
contraire très intéressant de découvrir la vision
d'un autre.
Et puis, Lalou, quand même, c'est un fameux
dessinateur !
À quel moment as-tu su qui était le
meurtrier ?
Dès le début ! Je commence toujours par imaginer
la trame, l'intrigue, le scénario. Ensuite, je la
précise petit à petit. Ce n'est qu'après que je me
mets à écrire les chapitres dans l'ordre chronologique
en décrivant les caractères, les décors,
en ajoutant les anecdotes, en cherchant
des mots, des phrases, pour installer un climat,
une ambiance.
Aimes-tu les films qui font peur ? les films
d'horreur ?
Je n'ai pas de télévision depuis plus de 15 ans,
mais j'adore le cinéma et je vais souvent voir
des films qui font peur. J'aime les films fantastiques,
avec du suspense, de l'angoisse.
Par contre, je n'aime pas la violence sanguinolente.
As-tu vraiment croisé des hommes-loups
ou des loups-garous ?
J'ai connu beaucoup d'hommes et quelques
loups. Les plus mauvais n'étaient pas toujours
les plus poilus.
Le mélange des deux n'existe que dans
les légendes.
Tu as déjà eu un prix pour ce livre : c'est
chouette, non ?
C'est même très chouette ! Il faut vraiment être
hypocrite pour prétendre le contraire. Un prix,
c'est la preuve qu'on a apprécié son travail.
J'espère que beaucoup de lecteurs l'apprécieront
aussi.