
A la sortie du cinéma, une femme suit jusqu'à sa voiture l'homme
qui l'a invitée. Au lieu de la ramener chez elle, ce dernier verrouille
les portières et la viole. Pourquoi cet acte répugnant qui laissera
une victime traumatisée et un agresseur probablement honteux ?
La psychologie et la psychiatrie traditionnelles ne manquent pas d'explications :
l'homme a violé peut-être parce qu'il déteste sa mère, ressent le besoin de
dominer les femmes, est adepte de pornographie violente, a été élevé dans une
culture patriarcale, a été lui-même objet d'abus sexuel, était ivre, etc.
Ces explications, si pertinentes qu'elles soient, nous éclairent uniquement sur
les causes proches du viol. Pour mieux prévenir cet acte horrible, il faut aussi en
comprendre les causes premières , qui sont biologiques. Alors seulement la
victime peut s'expliquer certaines réactions étranges liées au viol, par exemple
pourquoi même son partenaire ne la soutient pas sans réserve comme il l'aurait
fait dans le cas d'une agression non sexuelle.
Le viol fait des ravages en dépit de toute culture, morale et religion : près
d'une femme sur six en est l'objet, 60 % des victimes ont entre 11 et 29 ans,
et il est probable que trois victimes sur quatre ne le déclarent pas, gardant
pour elles un terrible fardeau qui les marque à jamais. Thornhill et Palmer
s'élèvent contre cet échec avec une explication scientifique du viol qui peut
enfin nous permettre de comprendre et d'agir.