Mes cahiers. Vol. 1. Janvier 1896-novembre 1904

«Peut-on sauver Barrès, faire relire aujourd'hui ses Cahiers ?
Le temps serait-il venu de tirer l'auteur du Culte du moi et des
Déracinés , mort en 1923, de l'enfer où il séjourne depuis un bon
demi-siècle ?
Barrès est un antimoderne exemplaire, car nul ne fut plus
ambivalent, plus joueur que lui à l'égard de la modernité, à la
fois partie prenante de celle-ci, l'exténuant dans sa vie, mais lui
résistant dans ses conséquences politiques et sociales, égotiste à
la Stendhal ou à la Baudelaire, mais réactionnaire à la Balzac ou
à la Barbey d'Aurevilly.
"On sait quelle dimension nouvelle acquiert Barrès par
la publication des Cahiers ", signalait Albert Thibaudet dans
La Nouvelle Revue française du 1<sup>er</sup> août 1934.
Barrès entama la rédaction de ses cahiers le 11 janvier 1896,
au lendemain des funérailles de Verlaine. Les Cahiers semblent
relever du genre des souvenirs, mais l'entreprise se révèle vite
plus diverse, plus complexe...»
Antoine Compagnon.