Quelle dose de mondialisation l'homme peut-il supporter ?

L'homme, dont l'action était à l'origine limitée à la portée de ses
sens, a été progressivement contraint d'agir dans un rayon de
plus en plus important. Aujourd'hui, grâce aux images et aux
moyens de communication, le monde s'approche virtuellement
de nous, devient "à portée de main", sans que nous puissions
pour autant avoir une réelle prise sur lui.
Rüdiger Safranski invoque penseurs et écrivains (Kant, Rousseau,
Nietzsche, Descartes, Robespierre, Dostoïevski, Benjamin,
Dante, Goethe, Schiller, Heidegger...) pour comprendre et dépasser
cette contradiction fondamentale.
Comment ne pas être tétanisé devant la multiplication des
informations et des domaines d'action qu'offre la mondialisation
? Le secret serait peut-être de "transformer le monde en
l'humanité qu'on est soi-même".
"Penser globalement, agir localement", cette devise alter-mondialiste
se trouve ici élargie par une pensée philosophique
soucieuse de ne jamais perdre de vue l'essence de l'activité
humaine : l'accomplissement et la liberté de l'individu.
L'être "déraciné" et sans formation "humaniste" sera toujours
à la merci de l'économie mondiale et de la masse d'informations
et d'excitations qui déferle quotidiennement sur nous.