A l'épreuve de la guerre d'Algérie : des professeurs d'EPS témoignent

Aucun de ceux à qui l'épreuve de la guerre d'Algérie a été imposée n'en est
sorti totalement indemne. Pour beaucoup, garder le silence a été et continue
à être une façon de chercher à oublier. D'autres ont choisi de parler.
Les textes publiés ici, avec les limites mais aussi l'intérêt que les historiens
accordent aujourd'hui à tout témoignage, portent la trace des profondes
déchirures de cette guerre qui ne voulait pas dire son nom.
Certains de ces récits ont été écrits presque à chaud ou tout au moins à
partir de notes rédigées au cours du séjour en Algérie. D'autres, comme
l'indiquent leurs auteurs, ont été revus plus tard, à une époque où le souvenir
se faisait moins douloureux. Tous cependant relatent des faits et des
attitudes trop peu connus encore.
Ces documents ont été respectés à la lettre, en y ajoutant quelque fois des
notes estimées utiles pour les lecteurs d'aujourd'hui, près de cinquante
ans après les événements relatés.
De nombreux ouvrages donnent aujourd'hui une version des événements
de ces années sombres, des précisions aussi, que la recherche historique
permet de considérer comme avérées.
L'objet de ce travail se voulait d'emblée plus modeste. Les auteurs sont des
professeurs d'éducation physique et sportive appelés du contingent ou
"rappelés" à partir de 1954. Nous tenions à ce que leurs témoignages
soient connus du plus grand nombre. Avec la part de vérité, précieuse,
qu'ils recèlent. Avec aussi ce qui est plus subjectif, en relation directe avec
la façon toujours en partie singulière dont la guerre a été vécue par les
individus.
Nous espérons ainsi apporter une petite pierre à une construction qui est
loin d'être achevée : mieux faire connaître le vrai visage de cette guerre, les
souffrances que le peuple algérien a endurées durant cette triste période
de notre histoire nationale. Et, sans qu'il puisse être question d'une quelconque
comparaison, les tourments, les refus et la honte, mais aussi les
douloureux compromis de ceux qui ont été contraints d'y participer alors
qu'ils avaient à peine plus de vingt ans et que tout en eux le refusait.