Journal de marche du 40e Rana, 2e DB

L'ouvrage collectif initié et rédigé par Jean Penet, journaliste honoraire.
A côté des Régiments d'Artillerie habituels de la Métropole, il existait, plus particulièrement
depuis la dernière guerre (14-18) des régiments hippomobiles comprenant un
pourcentage élevé de Nord-Africains originaires de nos Départements d'A.F.N., qui
avaient leur numéro suivi du sigle R.A.N.A. (Régiment d'Artillerie Nord-Africain) pour
les différencier des Régiments "courants". Ces régiments étaient en permanence opérationnels
en principe, jumelés à des Régiments stationnés en AFN. Ils effectuaient
tous les 6 mois une "relève" de leurs effectifs N-A libérables par du personnel déjà
instruit durant 6 mois dans ces Régiments-frères, qui, eux, étaient désignés par le signe
"R.A.A." (Régt d'Art. d'Aff.). Ces Régiments avaient la double particularité d'avoir
des effectifs de beaucoup plus importants que ceux de Métropole puisque obligés, à
côté de leurs effectifs opérationnels, d'instruire un demi-contingent annuel pour la prochaine
"relève" et d'offrir des commandements intéressants aux jeunes cadres...
Le XI<sup>e</sup> Groupe du 66<sup>e</sup> R.A.A. était donc issu de l'un de ces R.A.A. En fait, c'était l'ancien
2<sup>e</sup> groupe du 67<sup>e</sup> R.A.A. (4<sup>e</sup>, 5<sup>e</sup> et 6<sup>e</sup> Bie) de Constantine muté en 1941 au 66<sup>e</sup> R.A.A.
à Oran. Ses cadres étaient très soudés entre eux, venant presque tous de Constantine
avec une troupe qui voulait en découdre. C'était un Groupe prometteur pour un Chef.
Bien que les "R.A.A." aient une brillante tradition derrière eux, le Chef d'Escadron
Mirambeau, en prenant le commandement du Groupe, a pensé qu'au sein de la 2<sup>e</sup> D.B.
destinée à débarquer en Métropole et symbole de notre Armée reconstituée et rénovée,
il serait bon de faire revivre l'un des plus prestigieux des anciens Régiments dissous de
l'Arme.
S'agissant d'un Régiment "mixte" son choix se porta sans hésiter sur le 40<sup>e</sup> R.A.N.A.
de Châlons-sur-Marne dont le prestigieux Etendard était l'un des deux plus décorés de
l'Arme.