Eléonore de Brunswick et le pouvoir des princes : entre cour et jardin

L'histoire d'Éléonore Desmier-d'Olbreuse,
jeune Poitevine de petite
noblesse, sans fortune, est peu connue de la
plupart de nos contemporains ; beaucoup
même ignorent complètement son existence.
À l'époque de la révocation de l'Édit
de Nantes, Éléonore est devenue princesse
d'Empire en épousant un duc de
Brunswick. Elle a joué un rôle prépondérant
en apportant son aide à tous les réfugiés
protestants contraints de s'expatrier, pour cause de religion. Louis
XIV qui l'appelait «ma cousine» dans la correspondance qu'il
lui adressait, l'avait en grande estime. Par le biais des alliances, la
descendance de la duchesse de Brunswick se retrouve dans presque
toutes les familles souveraines européennes d'aujourd'hui.
Les écrits sur cette époque ont surtout mis en exergue la forte
personnalité de la belle-soeur d'Éléonore, Sophie de Hanovre,
orgueilleuse descendante des Stuart, son ennemie vindicative et
irréductible jusqu'au jour de sa mort.
J'ai estimé qu'il fallait redonner à notre belle compatriote la
place qu'elle mérite dans nos mémoires et dans nos coeurs.
Comme le reconnut plus tard Voltaire, Éléonore a exporté dans
toutes les cours de son époque «l'esprit et le bon goût français»,
dont hérita son arrière-petit-fils, Frédéric II Le Grand Roi de
Prusse.