Tous les chemins ne mènent pas à Rome

Voici le grand itinéraire d'un poète qui ne marche pas dans le droit chemin. Il n'a pas suivi les allées qui mènent à cette forme de reconnaissance que certains envient; passer pour un poète profond parce qu'on est creux ou obscur. Pierre Philibert, qui est aussi un infatigable animateur de la vie culturelle en pays stéphanois, est un adepte des chemins de traverse, ceux qui font fi des clôtures, des propriétés privées et des chasses-gardées. Ces vers qui semblent venir simplement, dits sur le ton de la confidence ou de la conversation, parfois proches de la fable, sont d'un grand amoureux de la vie. Si les chemins de ce mécréant ne mènent pas forcément à Rome, n'en déduisez pourtant pas qu'il ne croit vraiment en rien. Malgré le souci que lui donnent souvent ses contemporains (et qui fait de lui un des rares poètes satiriques d'aujourd'hui), il ne tire jamais l'échelle. Il a l'oeil critique et le sourire narquois, mais il ne renonce ni à la tendresse ni à la fraternité.