Boud na boud : légendes, contes, fables d'Afghanistan

«Lorsque retombaient les voiles qui recouvraient les statues et que les croyants
étaient toujours éblouis par le revêtement de plâtre doré et les colliers de joyaux
qui ornaient ces sculptures et qui miroitaient au soleil, le grand Bouddha semblait
s'avancer hors de sa niche en direction de l'est. C'est à ce moment-là, dit le moine
chinois, qui passa à Bâmiyân lors de son voyage d'études de Chine en Inde et
vice-versa, que les habitants de Gholghola clamaient leur enthousiasme. Quelques-uns
disent que c'est de ces cris que la ville a tiré son nom, d'autres, au contraire,
racontent cette histoire...»
«- Attendez ici, dit Iskandar.
Il s'avance, le coeur battant, vers la fontaine miraculeuse.
Elle est bien telle que l'ont décrite les tablettes. Iskandar prend sa fiole d'or et
l'emplit avec solennité ; puis, toujours en silence, il prend le chemin du retour, suivi
de ses hommes...»
Boud, na boud. «Il était, il n'était pas». Est-ce la réalité ? Est-ce le conte ? Est-ce
l'Histoire ou est-ce une histoire ? Est-ce ou n'est-ce pas ? Simonne Choukour-Wali,
dont on connaît plutôt les dons de peintre, a voyagé à travers l'Afghanistan.
Elle a voyagé en regardant et en écoutant. Elle a noté et enregistré les musiques
et les couleurs, et les senteurs. Et bien longtemps après, alors que l'Afghanistan
se relève tout doucement de sa malédiction, telle Morwared, belle afghane au bois
dormant, elle nous emmène à sa redécouverte. A la recherche de l'âme profonde
de ce pays étrange qu'elle aime et comprend. Elle nous emmène auprès des lacs
au bleu profond de Band-e Amir, ou à Hérat, la ville au grand passé, dont un
miniaturiste, Maître Machal, a illustré quelques-uns des contes ici publiés. Elle
s'attarde dans les tchaïkhâna à écouter les contes de fées, ou les histoires d'un
passé tragique, ou les fables dont elle nous laisse tirer la morale. Elle nous
enchante et nous fait espérer voir bientôt ce grand pays réconcilié avec son
passé.