Jardins des alizés : l'aventure botanique sous les tropiques

Entre les tropiques du Capricorne
et du Cancer, là où soufflent ces vents
que l'on appelle «alizés», s'étendent
les régions du globe les plus luxuriantes.
C'est là, dans cette végétation splendide,
que l'on trouve quelques-uns des plus
célèbres jardins botaniques du monde.
En plein coeur des villes, à Rio de
Janeiro, à Singapour, ou nichés au pied
des volcans de Java, ces jardins -
constellés de lacs, fleuris de nénuphars
et d'orchidées, déployant
d'époustouflantes collections de
bambous multicolores ou de fougères
géantes - initient le voyageur aux
mystères et aux splendeurs des forêts
tropicales.
Dans la chaleur humide et lourde,
sous la voûte des lianes enchevêtrées,
ces jardins botaniques offrent aussi
le souvenir d'une formidable épopée.
Car jardins d'essai et pépinières
de l'Occident, ces institutions furent,
au XIX<sup>e</sup> siècle, le creuset de l'aventure
industrielle. Et c'est à l'ombre
des palmes, parmi les frangipaniers
parfumés, que se joua le destin
du monde : de là, du caoutchouc pour
les pneus du Bonhomme Michelin
ou pour Henry Ford ; de là, de la quinine
pour soulager les fièvres ; du café
pour les mineurs et les ouvriers du rail ;
du thé noir made in India pour remplir
toutes les théières d'Angleterre.
Ils s'appellent jardin de Peradeniya,
Indian Botanic Garden de Calcutta,
jardin de Pamplemousses,
Jardim Botânico do Rio de Janeiro,
Kebun Raya de Bogor (ex-Buitenzorg),
Botanic Gardens de Singapour,
tous témoins de notre histoire planétaire,
et tous engagés, aujourd'hui, dans
la préservation de l'environnement.
Hier au coeur de l'aventure économique,
ce sont aujourd'hui les gardiens
de la biodiversité. Reste à découvrir
ces beaux sanctuaires, hommage
à la beauté du monde.