La grande illusion : quand la France perdait la paix : 1914-1920

La grande illusion : que la guerre de 1914-1918 serait courte et
mettrait fin à la position dominante occupée par l'Allemagne
depuis Bismarck ; que la France récupérerait les territoires
perdus depuis la Révolution française, mais aussi établirait une
sphère d'influence de premier rang et une mainmise sur les
régions rhénanes, voire remettrait en cause l'unité allemande ;
et, pour finir, que les traités de paix réaliseraient au moins les
principaux objectifs poursuivis et en tout cas garantiraient la
sécurité à long terme.
Ces illusions, largement partagées, étaient portées par l'obsession
de la sécurité face à l'Allemagne et par l'affirmation du modèle républicain
face au «militarisme prussien». Ceux qui tentèrent d'achever
le conflit par la négociation furent écartés.
Paris a joué son rôle dans la marche à la guerre et a défini des buts
qui ont largement contribué à déterminer le déroulement du conflit et
ensuite la paix. Finalement, les dirigeants n'ont pas obtenu ce qu'ils
souhaitaient, tout en compromettant, par leurs exigences et par leur
vision biaisée des réalités, la restauration du système international.
C'est ainsi que la France a perdu la paix.