Théologie mystique. Vol. 2

Hugues de Balma, qui fut prieur de la chartreuse de Meyriat en
Bugey de 1289 à 1304, a voulu, dans sa Theologia mystica ,
rappeler à leur vocation contemplative les religieux, et d'abord
ses frères chartreux, qui risquaient de se contenter d'une science
de Dieu trop inspirée par la sagesse humaine : la sagesse à
laquelle ils étaient appelés, c'était la «théologie mystique», et le
chemin qui y conduisait pouvait être décrit. L'itinéraire comporte
trois «voies» qui se préparent l'une l'autre et souvent se
compénètrent : la «voie purgative» est de contrition et d'humble
action de grâces ; la «voie illuminative», déjà éclairée par le don
d'intelligence, fait découvrir, par-delà le créé et à travers la
lettre de l'Écriture, spécialement les demandes du Pater , l'attrait
des réalités divines, ce qui stimule l'amour ; la «voie
unitive» révèle à l'expérience de l'âme aimante et totalement
détachée d'elle-même l'inexprimable sainteté de Dieu, pour
autant que la chose est possible ici-bas : n'est-ce pas déjà,
Hugues le croit et son opinion sera discutée, un amour au-delà de
toute connaissance ? Hugues s'étend longuement sur les «industries»
et les aspirations qui s'offrent à l'âme aimante pour
progresser et se laisser conduire par ce chemin au bout duquel
il n'y a plus de chemin. Il s'agit d'un texte riche et difficile, qui
en appelle à l'enseignement élevé de «Denys l'Aréopagite», mais
où est partout présente, sous le vocabulaire et les exposés plus
techniques, l'expérience fervente et entraînante d'un authentique
fils de saint Bruno.