Le vent se lève : les écrivains racontent la mer

Pourquoi ne peut-on rester longtemps sans aller voir la mer ?
Pourquoi cherche-t-on en elle à la fois la fièvre de l'action et la sérénité de la
contemplation ? D'où vient qu'elle nous attire en même temps qu'elle nous
effraie ?
Poètes et écrivains ont sondé le mystère et l'ont mis en paroles - des
paroles qui expriment la douceur du sable, l'enchantement du ressac, le désir
d'ailleurs, l'ivresse de la vague et la folle exaltation du vent. À leurs mots
correspondent des couleurs et des lignes, conçues par de grands artistes qui,
eux non plus, ne pouvaient rester longtemps sans aller voir la mer.
Matelot engagé à Libération
puis à L'Équipe , Rémy Fière a
toujours apprécié la mer et ceux qui
vont dessus. Sur des voiliers plus
rapides que le vent, il a navigué avec
Alain Thébault, Michel Desjoyeaux,
Yann Eliès, Thomas Coville, Franck
Cammas. Il prête volontiers sa plume
aux gens de mer pour qu'ils racontent
leur vie. Yves Parlier, le Robinson des
mers (paru chez Robert Laffont), s'en
souvient, de même que les skippers
dont il a esquissé les destins dans
l'ouvrage Portraits légendaires de
marins , publié chez Tana Editions.
L'été, Rémy Fière parcourt
lentement les étendues liquides
du côté de Sète. Sur sa barque
languedocienne, il tente tant bien
que mal d'attraper du menu fretin en
songeant sans nostalgie aux rudes et
meurtrières campagnes de pêche à
la morue si ardemment contées par
Pierre Loti ou Roger Vercel.