Menotti Bottazzi : de la mine de Bollwiller aux rives du Mékong : entretiens avec Aimé Savard

On ne rencontre pas tous les jours un itinéraire comme celui que Menotti Bottazzi,
né en 1934, a parcouru. Fils d'un mineur de potasse, immigré d'Italie en Alsace, et d'une
mère alsacienne, il est entré à 14 ans au Centre d'apprentissage des Mines et à partir de 18
ans, il est descendu travailler au fond. La rencontre de la JOC, la fierté d'être ouvrier ont
fait de lui un militant. Très tôt, il a exercé des responsabilités syndicales. Mais à 30 ans, il
a quitté le fond de la mine pour renforcer dans un bureau l'équipe de permanents de
l'Action catholique ouvrière où il a été chargé... des relations internationales. Onze ans
plus tard, il devenait secrétaire général du CCFD, le Comité catholique contre la faim et
pour le développement. Dans la même période, il représente les Organisations françaises
de solidarité internationales auprès de la Commission européenne. Il devient par expérience,
expert en matière de développement, mais surtout de sécurité alimentaire dans le
monde. Par la suite, il a été appelé au secrétariat général du Comité français contre la faim.
Puis, il est entré comme permanent salarié au Secours populaire français pour lequel, retraité
actif, il continue de travailler bénévolement. Ces responsabilités successives ont amené
Menotti à voyager sur tous les continents, à être un interlocuteur de la Commission européenne,
des organisations agricoles françaises et internationales et de grandes agences des
Nations unies. Pour Menotti, la foi que lui a fait découvrir la JOC et à laquelle il se veut
toujours fidèle n'est pas évasion dans un spirituel désincarné, mais invitation à s'engager
dans les combats du monde pour rendre celui-ci plus conforme aux valeurs de l'Évangile.
Sa vaste expérience, son souci permanent de lier action et réflexion, font qu'il a beaucoup
à nous apprendre à l'heure où le développement durable devrait devenir une priorité pour
toute la planète. C'est l'objet de ce livre.