Causeries du dimanche

Qu'y a-t-il de commun entre Fantômas et Sainte-Beuve ?
Entre Benjamin Constant et Benoist-Méchin ? Entre
Mauriac et Morand ? Entre Nabokov et Rebatet ? Entre
Bardèche et Truffaut ? Entre Émile Faguet et Roland
Barthes ? Entre Audiberti et Von Salomon ? Entre Brasillach
et Jünger ? Eh bien, il y a ceci de commun, qu'à un
moment ou un autre, ils ont retenu l'attention de Philippe
d'Hugues qui les a étudiés tantôt «à la cavalière» (c'était
encore le temps des hussards), tantôt plus en profondeur,
selon l'humeur et les circonstances.
Ces études, rassemblées dans le présent volume, constituent
un kaléidoscope bigarré, un panorama hétéroclite
de la vie intellectuelle de la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle,
telle qu'on pouvait l'observer à partir d'un observatoire
privilégié et de quelques autres, épisodiques mais bien
situés. Avec le recul, il a semblé que les observations
ainsi recueillies conservaient leur intérêt, voire une certaine
actualité imprévue au départ. Le mérite en revient
surtout à une époque qui recelait à son insu bien des
richesses. Ces années mortes peuvent encore nous sembler
bien vivantes. C'est la leçon que fournit ce livre où
se dessine en filigrane une conception de la vie voire
une certaine philosophie de l'histoire. On y trouvera
beaucoup à glaner. C'est comme un film qu'on peut projeter
en boucle, avec arrêt sur image pour n'en rien laisser
passer.