Les remous de la Dordogne

Les Remous de la Dordogne
Cette histoire nous conduit sur les rives de la Dordogne, classées, depuis 2012, au patrimoine mondial de l'Unesco. En 1870, la rivière était encore marchande , et des hommes, souvent très jeunes, risquaient leur vie pour transporter, sur des bateaux d'infortune, du charbon, du merrain pour les tonneaux, des échalas pour la vigne... En amont d'Argentât, une activité de ruche occupait tout un monde de bûcherons et de gabariers jusqu'à ce que l'eau soit de voyage et que l'on puisse partir pour Souillac ou Libourne avant de remonter à pied, une fois la livraison accomplie.
Cette aventure, la famille Delage l'a cent fois connue, et, lors de maints naufrages, elle a perdu des êtres chers. Comme si la rivière avait réclamé son dû, sa part de vies humaines, avant de devenir victime du progrès avec l'arrivée du chemin de fer et la terrible crise du phylloxéra qui ravagea les vignes.
La Dordogne venait-elle alors de dire son dernier mot ? En 1891, lorsqu'on demande au petit Joseph ce qu'il veut faire plus tard, il répond : « Naviguer... » Pour les gens de l'eau , l'amour de la rivière était si fort qu'ils ne pourraient jamais tourner la page.