Les droits de l'homme dans la région des Grands Lacs : réalité et illusions

Les Droits de l'Homme dans la région des Grands Lacs apparaissent
comme de simples slogans. Ils ne sont évoqués que pour
dénoncer les brutalités du pouvoir, les violences exercées sur les
individus. Le discours organisé sur les Droits de l'Homme, très
éloigné des perceptions et préoccupations des populations, a été
monopolisé par une élite constituée d'universitaires ou d'activistes
qui s'en proclament «défenseurs» ou «promoteurs».
Les tristes records que battent les États de la région des Grands
Lacs dans la violation des Droits de l'Homme et l'écart entre le discours
savant et le discours populaire attestent bien que la réception
des instruments juridiques relatifs aux Droits de l'Homme n'a
été que formelle. Par ailleurs, les concepts des instruments juridiques
internationaux relatifs aux Droits de l'Homme s'avèrent
également problématiques lorsqu'on les confronte aux réalités de
la région des Grands Lacs. Ils portent en eux des virtualités conflictuelles.
Pour que les Droits de l'Homme s'épanouissent dans la
région et pour que les instruments juridiques y relatifs contribuent
à pacifier les relations sociales et politiques à l'intérieur des États et
entre les nations, une appropriation valorielle desdits instruments
et des relectures locales et contextuelles semblent s'imposer.
L'occasion d'une recherche interuniversitaire coordonnée par la
Fédération Internationale des Universités Catholiques nous a permis
de jeter un autre regard sur les Droits de l'Homme suivant cet
esprit, au départ des réalités de la région des Grands Lacs.