Le système de l'art : articles

Il est temps que la question de l'Art contemporain international
soit enfin posée dans le cadre de la critique générale du
néo-libéralisme. Les raisons pour lesquelles cet art de marché,
fer de lance de la mondialisation culturelle, est oublié
par cette critique méritent qu'on s'interroge.
Il ne s'agissait pas dans cette série d'articles de commenter
des oeuvres particulières ni de donner la vedette aux artistes
mais d'essayer de mettre au jour les principes et la logique
qui président aujourd'hui à la production, à la monstration et
au commerce de l'Art. Il a donc fallu, sauf exception, délaisser
les formes de cet Art et leur trompeuse diversité - effet
de la recherche de distinction à laquelle les exigences du
commerce de l'innovation tendent à réduire la démarche
artistique - et prendre le parti du regard extérieur pour en
appréhender, quitte à grossir le trait, les constantes et les
limites. D'où l'hypothèse du «système». Légitimé en même
temps qu'occulté par un discours officiel dévolu à la célébration
du Mythe de l'Art, ce système est apte à fonctionner
et à se reproduire sans l'adhésion consciente de ses agents et
de ses usagers. Sous cet éclairage critique l'Art contemporain
apparaît moins comme la manifestation d'une pensée
artistique nouvelle que comme le résultat aléatoire d'un
ensemble de conditionnements idéologiques et marchands.
Quant à l'artiste, il est artiste par sa pratique avant d'être
conditionné en image, forme, logo et produit de marché.
Définir un «artiste» en soi en amont de toute pratique, c'est
se préparer déjà à accepter qu'il soit ce que fait justement de
lui le système. C'est hypothéquer sa liberté de ne pas se couler
dans le moule et la fonction prévus.