Politique africaine, n° 29. Mozambique : guerre et nationalismes

Mais où vont donc les Congolais aujourd'hui ? Manifestement, vers les villes, et particulièrement vers la capitale, Brazzaville, qui regroupe près du tiers de la population du pays. Cette « ruée » vers les villes s'accompagne d'une ruée vers l'école, les emplois, l'espace urbain, mais aussi vers les bars et les Eglises des prophètes... Brazzaville est le lieu privilégié de l'« action créatrice des masses », qui, dans un des pays à l'histoire politique la plus mouvementée de l'Afrique « indépendante », fêtent cette année le vingt-cinquième anniversaire de leur « révolution ».
Aujourd'hui, le Congo doit faire face à « la crise », liée à des choix politiques et économiques qui ont imprimé à la société un modèle de réussite sociale fondée sur la triade scolarisation- urbanisation-emploi salarié, difficile à mener à bien.
L'ensemble des choix opérés est cependant indissociable d'une structure politique faisant de chaque lieu de manifestation des « forces vives de la nation » un appendice du parti. Lorsque le parti dirige l'État, ainsi qu'il est écrit dans la Constitution, tous les domaines de la vie nationale deviennent enjeu du pouvoir et enjeu de pouvoirs.