Sur l'art de vivre

Les textes recueillis dans cet ouvrage de Fernando
Savater (parus dans les années soixante-dix et quatre-vingt
en Espagne, dans El País et des revues littéraires) ne
connaissent pas de limites dans leur gourmandise : l'éthique,
la politique, les relations internationales, le cinéma, la
littérature... Une ligne cohérente de pensée se dégage très
vite. La multiplicité l'emporte sur l'unité, la liberté sur le
déterminisme, les passions gaies sur les passions tristes...
À une époque où l'Espagne connaît de nombreux
changements politiques et sociaux, Savater regarde d'un oeil
soupçonneux les mouvements du tiers-monde, dont la
contradiction entre nationalisme et démocratie lui vaut des
pages passionnées. Son refus de la guerre est argumenté
souvent en référence à la tradition philosophique (Kant,
Rousseau). Sa défense de la démocratie est pesée, misceptique
mi-exaltée. Dans les critiques cinématographiques
et littéraires, la subjectivité l'emporte parfois sur
l'argumentation, tout en lui donnant l'occasion de développements
très subtils sur l'essence du cinéma.
Ses sarcasmes à l'égard d'un système universitaire fondé
sur la bureaucratie et la course aux concours font également
partie de ses convictions philosophiques. Car sa philosophie
est conçue comme un savoir de la vie mis au service
de la communauté.