Prévenir les risques : de quoi les experts sont-ils responsables ?

Depuis que quelques "affaires" retentissantes, telles celles du "sang contaminé" ou du stade de Furiani, ont vu la justice française se pencher de près sur les processus de décision liés à un certain nombre de catastrophes, beaucoup de nos experts scientifiques ont soudainement été pris d'inquiétude. Bien sûr, d'autres acteurs - hauts représentants de l'Etat au niveau local ou national, maires ou industriels - ont également été surpris par ce que Paul Ricœur a appelé "la résurgence sociale de l'accusation" qui monte ces dernières années dans notre pays et qui s'actualise régulièrement à l'occasion de catastrophes naturelles ou technologiques.
Ces "décideurs" ont certes plus de raisons de s'inquiéter du phénomène que les experts, du moins si l'on s'en tient à un examen rapide des condamnations en justice prononcées à la suite de ces "affaires". Mais cette tendance à la mise en accusation des experts, même s'il faut en relativiser l'ampleur, invite à réexaminer la place et les modalités de l'expertise scientifique, dans notre société "à risques".