Les femmes d'Hitler

Adolf Hitler disait toujours n'avoir pour seule épouse que la nation allemande.
Si on lui connaît Eva Braun pour compagne, sans doute ne fut-il vraiment amoureux
que de sa nièce, Geli Raubal. Mais dès avant la prise du pouvoir il noua
des liens de profonde amitié avec quelques femmes tout acquises à sa cause.
Il les admirait, comme il en admira plus tard quelques autres qui oeuvrèrent à
la propagande du régime, ou qu'il eût voulu convertir au nazisme - ainsi
Marlene Dietrich. Guido Knopp a rassemblé dans ce livre six portraits féminins,
depuis la disciple inconditionnelle jusqu'à l'adversaire incorruptible.
Magda Goebbels, épouse du ministre de la Propagande, fut la première dame
officieuse du Reich, l'incarnation des «vertus» de la femme et de la mère
nationale-socialiste. Elle mit fin à ses jours en 1945 après avoir tué ses six
enfants.
Eva Braun, qui tenta deux fois de se suicider à cause d'Hitler, ne rêvait que de
l'épouser et ne vit ce voeu exaucé qu'au seuil de la mort, en 1945, après n'avoir
jamais été reconnue officiellement comme une compagne.
Winifred Wagner, belle-fille du compositeur et directrice du festival de Bayreuth,
fut la muse du Troisième Reich. Elle déposa aux pieds du Führer l'oeuvre du
compositeur et accepta la récupération idéologique totale de ses opéras. Morte
en 1980, elle refusa toujours de percevoir la véritable nature de son idole.
Leni Riefenstahl, décédée en 2003 à l'âge de cent un an, fut la grande
propagandiste du régime avec ses films sur les congrès du parti nazi et les
jeux Olympiques de Berlin. Elle a toujours prétendu n'aimer que l'art et ne pas
s'occuper de politique.
Zarah Leander, actrice et chanteuse destinée à remplacer Marlene Dietrich,
connut la richesse et la gloire. Disparue en 1981, elle a toujours fermé les yeux
sur les atrocités hitlériennes sous prétexte qu'elle n'avait jamais renoncé à sa
nationalité suédoise.
Marlene Dietrich a bien sa place dans cette galerie de portraits car elle fut long-temps
courtisée par le régime. D'emblée elle sut résister à l'ensorcellement du
dictateur, «par décence».