Dieu reste seul dans son paradis

Si vous aimez l'humour décalé, les personnages ubuesques pourtant semblant
surgir de votre propre quotidien ; si vous aimez les situations absurdes mais
enlevées de main de maître, les histoires incroyables ayant pourtant le fumet
du déjà vu autour de vous ; si vous aimez le plaisir de vous échapper dans la
lecture tout en laissant la réalité s'introduire subrepticement dans votre esprit,
alors, sans hésiter, ce sont les aventures de Danny Cohen que vous devez suivre,
page à page, comme une sorte de musique développant exponentiellement ses
rythmes à partir d'une première note esseulée et interrogative, jusqu'au flot
orchestral final qui vous entraînera dans un ailleurs de perfection.
Héros banal pris entre trois femmes - la mémoire de son épouse, sa fille et
Mother-Mamma la mère éternelle -, héros minable ayant sacrifié sa vie à la
composition d'un opéra rock toujours coincé dans ses neurones, Danny Cohen
va se retrouver, à partir d'un ami d'enfance resurgissant inopinément dans
sa vie, au centre de tous les bouleversements de notre planète : embrasement
des banlieues, espionnage, poudrière du Moyen-Orient, mais toujours avec sa
petite musique de nuit dans sa tête et un amour cornélien à portée de main.
Sans oublier ce constant retour sur soi-même et ses réflexions sur les hommes
et leur société, sur l'état du monde et les fous qui voudraient le diriger, toutes
choses qui font de cet ouvrage, au-delà de son écorce ludique et spirituelle, un
creuset de réflexion dont la profondeur n'a d'égal que l'étonnement et la naïveté
de Candide Cohen, en quête finalement d'un jardin des Hespérides à cultiver.